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L'Anathomia de Ricardus Anglicus : Un traité d'anatomie physiologique de la fin du XIIe siècle

2026 - Honoré Champion

416 p.

Les bases médiévales de l'anatomie moderne, définie comme une connaissance approfondie de la structure et de l'organisation du corps humain essentielle à la médecine, émergent en Italie à la fin des XIII e et XIV e siècles. Les textes médicaux des XII e et XIII e siècles s'intéressent précocement à l'anatomie, non pas dans le contexte de la chirurgie, qui n'a pas encore clairement manifesté d'intérêt pour cette discipline, mais plutôt dans une perspective naturaliste plus large, visant à comprendre l'organisation et le fonctionnement des différents membres du corps humain. Un texte notable illustrant cet intérêt est l'Anathomia Ricardi, également connue sous le nom d'Anathomia Ricardi Salernitani. Les historiens allemands de la médecine, qui en ont publié les premiers manuscrits à la fin du XIX e siècle, pensaient qu'il avait été écrit à Salerne.Il s'agit de la première synthèse intégrant les informations anatomiques et physiologiques détaillées dans le Pantegni de Constantin l'Africain, mais organisée en

suivant la classification des membres principaux de Galien dans le Tegni, version médiévale de son Art médical.Les résultats de notre enquête présentés dans ce livre, révèlent que les copies successives de ce texte, écrit à la fin du XII e siècle, se divisent en deux traditions distinctes, chacune ayant connu un succès certain. La première tradition, écrite par un médecin du nom de Ricardus anglicus, possiblement à Montpellier, diffuse rapidement dès le début du XIII e siècle à travers le réseau abbatial, vers le nord et l'est de l'Europe (France, Angleterre, Allemagne, Pologne). La seconde tradition résulte d'une révision significative de ce texte initial, intégrant des éléments issus des œuvres biologiques d'Aristote peu après leur traduction au XIII e siècle. Elle semble être enseignée à Montpellier, et ses copies gagnent également rapidement les mêmes régions géographiques que la première. Ces traditions furent l'objet d'adaptations en langue vernaculaire au XV e siècle, attestant leur intérêt persistant

pendant trois siècles.Philippe Guillet, médecin et historien des sciences et des techniques est actuellement chercheur associé à l'équipe SAPRAT (Savoirs et pratiques du Moyen Âge à l'époque moderne) de l'EPHE. [Résumé par l'éditeur]

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